INKtober 2o14 : semaine3!

Pfiou… déjà la 3° semaine! On se rapproche de la fin de ce beau challenge, et l’inspiration commence à manquer, donc je l’avoue, je me suis beaucoup contentée de fanarts cette semaine. Mais comme toujours, chaque illustration me fait évoluer, … Lire la suite

INKtober 2o14 : semaine 2!

Hello! J’aurai voulu être plus active sur le blog cette semaine, mais figurez-vous que j’ai enfin la date de signature de la vente de ma future maison, et donc je suis encore plus occupée que d’ordinaire, entre le boulot, Progéniture … Lire la suite

INKtober 2o14 : semaine 1!

Bonjour à tous! Si vous suivez le travail d’illustrateurs, ou si vous l’êtes vous-même, vous aurez sans doute vu passer cette semaine le challenge INKtober. Le INKtober, c’est quoi? C’est un défi qu’un mec (Jake Parker) s’est lancé, une année … Lire la suite

Arrêter, pour mieux redémarrer.

Bonjour à tous,

C’est un article un peu spécial que j’écris aujourd’hui, sans images, mais important pour moi.

Si vous me suivez sur Facebook, Instagram ou Twitter, vous aurez remarqué que j’ai laissé de côté ces derniers temps mes illustrations « type blog », aux formes simples et contours noirs, et plus particulièrement mes illustrations de portage.
Si vous m’avez contactée récemment pour que je vous fasse votre portrait de famille, vous avez eu une réponse négative de ma part.

Vous vous êtes demandés pourquoi, parfois avec violence et indignation (non, Madame, ce n’est pas par élitisme que j’ai décidé de ne plus travailler pour des particuliers, bien que ce soit visiblement difficile à comprendre).

Alors je me devais d’expliquer les raisons de ma nouvelle orientation professionnelle.

Lorsque j’ai débuté ma carrière d’illustratrice, je voulais illustrer des livres pour enfants, des sites jeunesse, et, sur mon temps libre, faire mes artworks plus darks, plus personnels.
J’étais en pleine recherche graphique (et encore maintenant, mais j’ai des années de recul à présent), j’allais avoir un enfant, je ne décollais pas et avais un réel besoin financier. J’ai donc glissé peu à peu vers un milieu que je pensais pas si éloigné de l’illustration jeunesse : celui du maternage.
Portage, allaitement, vie quotidienne avec un bébé, c’était facile, c’était ça ma vie, j’allais pouvoir me faire connaître.
Ce qui s’est effectivement passé, tout doucement, à travers mes blogs, mes pages Facebook, je me suis petit à petit fait un (petit) nom. J’ai évolué, je suis passée de mes bonhommes bâtons inexpressifs aux énormes têtes rondes et yeux exorbités à quelque chose de plus réaliste, j’ai amélioré mes traits, ma vision anatomique, mes techniques de colorisation.
Chaque illustration était un nouveau test, et un pas de plus vers quelque chose de stable, d’efficace, d’original.

Mais ce que je ne savais pas, c’était que ce milieu, de blogueuses, de mamans, de défenseurs des bons principes, n’était pas aussi pur qu’il me semblait être. Bien sûr, je savais bien qu’existaient les gué-guerres entre les blogueuses, et justement j’avais décidé de ne pas y prendre part, simplement d’essayer de faire uniquement ce qui me plaisait, à moi. C’était essentiellement des illustrations de portage, car c’était ce que je maîtrisais le mieux, qu’on m’avait fait confiance professionnellement (SurMonVentre, Zoli, JPMBB… pour ne citer qu’eux).
Derrière, des personnes peu consciencieuses observaient mes illustrations d’un autre oeil.
Et petit à petit, j’ai vu émerger chez d’autres des éléments étrangement similaires à ceux issus de mon travail, qui suivaient la ligne de mon évolution.
Je ne cherche pas à polémiquer, ou à créer un lynchage, aussi je ne dévoilerai aucun nom, aucune image, aucun lien (et modifierai/supprimerai les commentaires tendancieux, je ne veux pas de scandale ici). Cette personne a été contactée, a nié, c’est une affaire qui restera entre nous. Pourquoi? Parce que c’est « la loi du plus fort » : quelqu’un de peu connu ne peut, même avec des preuves visuelles à l’appui, rivaliser avec un plagieur sans scrupules qui, par on ne sait quel tour de force, s’est retrouvé « célèbre ».  La notoriété autoriserait donc les gens à se servir dans le travail des autres, sans que ces derniers aient leur mot à dire. C’est le retour de flamme de l’exposition sur Internet : certains se servent sur la toile comme dans le frigo de leurs parents, et viendront même presque vous dire que c’est de votre faute s’ils vous ont plagié.

Cette histoire m’a démolie.
J’avais travaillé presque 3 ans d’arrache-pied à me construire une identité visuelle et à essayer de m’ancrer dans ce milieu, à démarcher, à essuyer des refus de toutes sortes, essentiellement basés sur l’argument infaillible : « c’est trop cher », ou, mon préféré : « on ne va pas payer pour un dessin, non mais! ».
Et tout cela pour quoi? Pour que quelqu’un passe systématiquement derrière mes efforts et fasse son petit marché dans les résultats de mon travail?

Cette histoire m’a ouvert les yeux.
J’ai réalisé qu’après tout, si ce n’était pas cette personne, cela en aurait été une autre. Qui, sous couvert des mêmes arguments (« tu n’as rien inventé », « c’est le même milieu, c’est normal que ça se ressemble »), viendrait se servir librement, alors que je galèrerai toujours autant.
J’ai également réalisé que si je continuais à poursuivre ce type de clientèle, j’essuierai toujours les mêmes refus concernant les tarifs.
Pourquoi? Parce que trop d’illustrateurs (bon, essentiellement des nanas) pratiquent le low-cost. J’en ai fait partie, moi aussi, j’ai fait cette erreur. Essayer de me vendre à bas prix, « parce que même une petite somme, c’est toujours ça sur le compte en banque! », et que « de toute façon, avec un tarif normal personne ne veut m’acheter mes dessins, alors je vais baisser les prix ».
Au final, même un portrait à 10e qui me prenait plus de 4h à réaliser était encore considéré comme trop cher. Oui, oui, même à 2,5e de l’heure, je n’arrivais pas à être suffisamment attractive. Alors que d’autres pratiquaient des tarifs bien plus élevés, pour, au vu de l’identité graphique, certainement bien moins de temps de travail, et ne cessaient de publier des résultats de commandes.
J’ai essayé de comprendre, j’ai râlé, j’ai été découragée, je les ai maudis : mais pourquoi eux, et pas moi?

Et c’est là, que j’ai compris.
Que mon style, que MES styles, ne convenaient pas à ce public.
Que je n’étais pas faite pour les dessins de maman, pour les portraits de famille.
Après tout, j’avais choisi ce milieu par facilité, mais pas réellement par choix ou par goût. Je m’étais convaincue que c’était ce qu’il me fallait, mais j’avais enfilé mes oeillères et m’étais baignée d’illusions.
J’ai compris qu’il était temps de changer, d’arrêter de m’acharner à me développer dans un milieu où je ne serai jamais à ma place.
J’ai choisi de limiter donc ce type de réalisations à mon propre blog et à mes clients professionnels. Pour pouvoir, sur mon temps « libre » (entre deux prestations client), me consacrer à développer mes techniques plus personnelles, mes couleurs, mes pastels, mes graphites.
Me consacrer à nouveau à mes illustrations pas vraiment mignonnes, et à mes projets de livres pour enfants.
Ne plus les laisser de côté sous prétexte qu’elles ne me rapporteront rien, et qu’il faut que je privilégie mon activité principale.
J’ai passé tellement de temps à essayer de travailler, de me faire connaître, pour si peu de retours (financiers ou publicitaires), qu’honnêtement, arrêter les prestations pour les particuliers ne changera quasiment rien.
Autant que je consacre ce temps et cette énergie à me développer moi-même, plutôt que l’image que j’aurai souhaité avoir.

Je suis bien consciente que ce changement ne plaira certainement pas à mon public actuel, touché essentiellement par mes dessins plus abordables, mes portraits de famille et mes illustrations de portage.
A vous qui serez déçus et arrêterez de me suivre, sachez que je suis désolée. Désolée de ne pas être celle que vous pensiez apprécier, désolée de changer de milieu et d’univers.
Je ne veux plus me demander à chaque illustration postée quels éléments seront intégrés dans les dessins d’autres personnes 2 semaines après.
Je ne suis plus à l’aise dans ce milieu pourtant censé être bienveillant. Je n’ai jamais été et ne serai jamais à ma place de ce côté-là.

A tous ceux qui m’ont un jour passé commande pour vos portraits de famille, j’espère que vous ne prendrez pas mal cet article. Je ne vous dénigre pas, au contraire, ce serait insensé de cracher sur le peu de personnes qui m’ont donné du travail à un moment donné.

Je refuse à présent de pratiquer le low-cost, car cela tue mon métier. Tirer les tarifs vers le bas, c’est non seulement ne pas avoir de revenus décents, mais c’est également mettre des bâtons dans les roues à tous les illustrateurs qui auront la pression de « s’aligner » sur des tarifs dérisoires.
J’ai honte de l’avoir pratiqué, avant d’avoir conscience de ce que cela impliquait réellement.
Je choisis à présent ne pas travailler pour 3€/h , et passer ce temps à améliorer mes techniques de travail, à rechercher, à avancer.
Ne plus stagner, aller de l’avant.

A force de trop tirer sur la corde, elle a cassé, et m’a permis de sortir du confinement dans lequel je m’étais moi-même placée.

A tous ceux qui arrêteront de me suivre : merci de m’avoir accompagnée jusqu’à présent.
Et à ceux qui resteront, par curiosité, par goût, par soutien : see you soon!