Just one ride.

Puisque le graphite m’est assez familier, donc, comme vous aurez pu le constater si vous avez lu mon billet précédent, j’ai eu envie de m’attaquer à une grosse pièce. Par « grosse », j’entends un A4 complet. Oui, c’est énorme pour moi, … Lire la suite

Graphite, mon amour.

Depuis longtemps, je me bats contre mon incapacité à réaliser ce que je veux, ce que j’ai en tête, toutes ces choses que je désire plus que tout mais qui semblent être bien en sécurité derrière un mur invisible, hors de ma portée.
Je voudrais faire des décors. Je voudrais faire des compositions fournies, techniquement parfaites, ajouter des détails à n’en plus finir, captiver l’oeil de celui qui regardera mon travail pendant des heures.
Je vise haut, très haut, et ne parviens jamais à être satisfaite (et pour cause, quand on voit ce que j’ai accompli jusqu’à présent…). J’essaie d’apprendre, je me heurte à mes limites, j’essaie de les repousser, toujours. Ma progression ne se fait pas aussi vite que je le voudrais, je peste, j’abandonne. Puis je reprends, j’essaie d’autres choses, je ne trouve toujours pas ce dans quoi je veux évoluer,  là où je poserai enfin mes bagages et laisserai mon crayon voguer au gré de mon imagination.

Mais mon imagination, elle est brimée. J’essaie de défaire ses chaînes, mais sans succès. Elle reste, comme moi, prisonnière d’entraves invisibles que j’ai posé moi-même et qui me semblent pour l’instant indestructibles.
Parfois, je rêve qu’on me perce le crâne, un tout petit trou, avec un tout petit clou, et que tout cet univers qui m’accompagne et s’enrichit depuis toutes ces années en sort, libéré, dans un flot ininterrompu de squelettes dansants, de monstres difformes, de souffrance, de femmes séduisantes, de folie, de mises en scène oppressantes, de créatures improbables et dérangeantes, qui tourbillonnent autour de moi, m’étouffant, et disparaissant dès que j’essaie de les apercevoir plus distinctement.

La technique, elle aussi, me fait défaut.
Mon père m’a un jour dit : « Tu as toujours voulu tout, tout de suite. Quand tu découvres une technique, tu t’y essaies, tu réussis pas trop mal, mais avant d’arriver à la maîtriser, tu abandonnes et tu en essaies une autre. »
Il ne pouvait pas être plus juste dans son analyse, même si sur le moment, j’ai été vexée, blessée, honteuse d’entendre ça. Quelques années plus tard, je comprends qu’il a toujours eu raison à ce propos. Si je l’avais écouté, et que j’avais tenté ma chance pour entrer aux Beaux-Arts, j’aurai certainement eu un parcours différent, encadrée dans mes découvertes techniques, conseillée, rectifiée dans mes erreurs.
Mais non, j’étais fière (de quoi?), décidée à ne pas apprendre le dessin, à ne même surtout pas en faire mon métier, moi qui, à l’époque, ne faisais que cela de mes journées (remettons-nous dans le contexte, j’étais au lycée, et n’ai jamais rien foutu à l’école jusque 2 jours avant le bac).
Je ne réalisais pas à quel point, plus tard, j’allais me heurter à mes propres limites, et regretter alors d’avoir choisi de ne pas suivre les conseils de mon père, qui a toujours été mon meilleur soutien (mais ça, aussi, hors de question de l’admettre!).

Alors j’ai essayé, plein de choses.
Le graphite (crayon de papier), c’était bien quand j’avais 15 ans, et pour tout matériel un crayon HB piqué dans un hôtel et des feuilles d’imprimante subtilisées dans la réserve familiale. Allez, pour les croquis, aussi, à la limite.
La gouache, berk (réaction parfaitement puérile et bornée). J’étais bloquée sur les pastilles ou les sets de 5 tubes pour enfants, de très mauvaise qualité, et c’est ainsi que j’ai fait mes derniers essais, avec des teintes de peau dignes du plus rose des PQ, et de la matière qui s’étend très mal. Je n’aurai jamais imaginé qu’on puisse faire de belles choses avec (et je suis encore incrédule quand je vois le travail de certains artistes à la gouache).
L’acrylique, ça, je l’ai gardé longtemps. D’abord sur papier, puis sur textiles et enfin sur toiles, j’aime assez, ça sèche vite, se mélange bien, permet de beaux dégradés et des détails ultra-fins pour peu qu’on s’en donne la peine. Mais je ne sais pas pourquoi, un jour j’ai rangé mes tubes, pour ne plus les ressortir.
L’aquarelle, ça n’a jamais trop été mon truc. Je n’ai du coup pas assez essayé pour savoir si ça ne me plaisait vraiment pas.
Le fusain, trop salissant, j’en foutais partout, j’ai tout de suite été découragée. Idem pour les crayons-craies (ma belle collection d’ocres, de terre-de-sienne, de rouges briques…), aucun résultat immédiat, j’ai vite abandonné.
Le pastel gras, no way. Pour moi, c’était réservé aux premiers coloriages d’enfants, impossible de faire quelque chose de convenable avec (cf. paragraphe sur la gouache et mes avis puérils et bornés).
Le pastel sec, c’est sympa, mais ça demanderait trop de pratique pour que j’arrive à voir si je peux en faire quelque chose. Retour à la case départ, abandon.
L’encre, ça j’aime bien. J’ai vraiment découvert le potentiel de l’encre lors du challenge INKtober 2o14, d’abord avec le dessin « au trait », puis le dotwork. Le dotwork, je l’aime d’amour, et j’ai cru pendant quelques mois que j’avais enfin trouvé le style que j’allais m’approprier définitivement. C’était sans compter sur mon éternelle insatisfaction.
Le crayon de couleur, ça aussi j’aime beaucoup. Je jongle encore pas mal entre ça et d’autres techniques, je n’en suis pas encore dégoûtée et espère ne jamais en arriver là.
La peinture à l’huile, ça j’adorerais m’y mettre, mais ça me semble impossible sans quelqu’un pour m’aiguiller sur les bases (peut-être, un jour, quand je serai dans une bonne phase d’estime personnelle, j’essaierai). J’ai 2 ou 3 toiles à l’huile commencées, abandonnées très vite.
Le numérique… non, j’ai essayé, vraiment. De tout mon coeur. Mais je ne maîtrise pas assez les bases du dessin pour me permettre d’errer dans la recherche de techniques numériques. Je me suis longtemps acharnée là-dessus, à essayer tout plein de choses différentes (le « clickbait » humoristique, la plus grosse blague que j’aie pu faire, jamais je n’aurai dû, mais aussi simplement des illustrations classiques), avant de réaliser que non, continuer ainsi n’était pas du tout possible. Qu’il fallait d’abord que je me perfectionne avant d’essayer plusieurs choses en même temps.

Alors il me restait quoi?
Et pourquoi je n’essaierai pas de maîtriser à nouveau mon simple crayon à papier? Après tout, j’ai pas mal de crayons de dureté différentes qui traînent dans mes tiroirs, et c’est quand même le seul truc que je pratique toujours depuis toutes ces années.
J’ai commencé à dessiner, comme tout le monde, avec un simple crayon à papier, et très vite, j’ai voulu tester les limites de ce simple crayon, et travailler les ombrages.

J’ai retrouvé quelques vieilleries (entre 2oo1 et 2oo4, avant que je n’attaque des études qui m’intéressaient, et me consacre entièrement à elles), des copies pures et simples d’oeuvres, de photos. Aucune créativité, simplement de la recherche technique et anatomique. Apprendre en copiant, c’est ce que j’ai toujours fait, que ce soit en dessin ou dans mes études. Je ne m’en vanterai pas spécialement, mais je crois qu’on est tous passés par là, et moi particulièrement.
D’abord je copiais, je gardais ça précieusement caché dans mes chemises cartonnées, puis, des années après, forte de l’apprentissage qui a découlé de toutes ces copies, j’ai commencé à essayer de créer, complètement.

Par exemple, voilà ce qui reste encore dans mon vieux carton à dessins si vieux et usé que les élastiques ne tiennent plus rien en place :

Ma première copie d'une illustration de Luis Royo, 2oo3.

Ma première copie d’une oeuvre de Luis Royo, 2oo3.

Copie d'une illustration de Luis Royo, encore, avec des éléments "créés" pour l'accorder à une chanson du groupe Dolly. 2oo4.

Copie d’une illustration de Luis Royo, encore, avec des éléments « créés » pour l’accorder à une chanson du groupe Dolly. 2oo4 (notez le changement de pseudo)

Ici, je commençais à ajouter des éléments personnels à des copies. Copie d'une illustration de Luis Royo, et vu le pseudo que j'utilisais à l'époque, ça date de 2oo2 ou 2oo3)

Ici, je commençais à ajouter des éléments personnels à mes copies.
Copie d’une illustration de Luis Royo, 2oo3)

Copie de photo, sur le best-of d'Indochine "Unita" (ouais ouais j'étais fan, j'avais 15 ans hein)

Copie de photo, sur le best-of d’Indochine « Unita » (ouais ouais j’étais fan, j’avais 15 ans hein). 2oo2 ou 2oo3.

Un vieux portrait qui se voulait réaliste, 2oo4.

Un vieux portrait qui se voulait réaliste, 2oo4.

Bon, ça reste des trucs assez moches, acceptables pour un  niveau amateur d’une ado-post-ado entre 15 et 18 ans, mais clairement pas de quoi aller plus loin.

Sauf que finalement, ça reste la technique sur laquelle je galérais le moins.
Et puis, en ce moment je suis dans une phase où je me dis que je n’arriverai jamais à atteindre mes objectifs artistiques, à faire de jolis décors, des compos fournies, des illustrations « finies ».
J’espérais bosser à fond de fond pendant que mon fils serait chez mes parents,  et sortir des vacances épuisée mais avec de grosses améliorations, et en bonus toute une pile de dessins à exposer fièrement, à vendre et promouvoir.
Epuisée, je le suis, ça c’est bon. Mais j’ai passé plus de temps à me morfondre, me demander ce qui ne tourne pas rond chez moi, à dessiner, puis déchirer les feuilles, à envoyer voler mes carnets, pleurer, beaucoup, regretter toutes ces mauvaises décisions, me maudire pour mon manque d’assiduité et mon incompétence, chercher à rejeter la faute sur les autres avant d’admettre à nouveau que j’étais la seule responsable de mes échecs.
Ouais, c’est pas super funky ces temps-ci, comme souvent, finalement. Mais je n’avais pas eu l’occasion de me centrer sur ma petite personne défaillante depuis un an (disons que quand mon fils est là, je ne m’autorise pas ce genre de pensées, sinon je passe 3 jours prostrée dans mon coin en grosse larve dépressive, et je considère que ce n’est pas spécialement sain que mon fils me voie comme ça).
Là, même si je n’aurai pas été productive, j’aurai au moins pris le temps de réfléchir, de penser à tout ça. Et de commencer à prendre des décisions quant à l’avenir, même si pour l’instant je n’ai rien fixé.
Et d’écrire un roman sur mes états d’âme, sur mon blog, juste parce que j’avais envie d’écrire, d’essayer de faire comprendre à ceux qui auront la motivation de tout lire pourquoi et comment j’en suis arrivée là.

Donc, je crois que je vais à présent réessayer le graphite, parce qu’après avoir fait un petit test rapide, j’ai réalisé que c’était quelque chose que j’aimais bien, pas trop chronophage, efficace visuellement, et sur quoi je pourrai, dans un premier temps, lâcher prise sur mon obsession des décors que je n’arrive pas à réaliser, pour les améliorer plus tard, petit à petit.

Voilà le test en question, ‘Molly’ (format A5, graphite et encre) :

(les plus attentifs auront remarqué que j'ai utilisé une de mes Queens of Souls comme base)

(les plus attentifs auront remarqué que j’ai utilisé une de mes Queens of Souls comme base)

Voilà, c’était mon roman du jour.
J’aimerai avoir plus de temps pour en écrire plus régulièrement, je crois que le fait de ne plus parler à personne ou presque me manque (un tout petit peu).
Mettre des mots sur mon ressenti par rapport à mon ‘art’ me fait du bien, même si ça ne dure pas.

 

Flowerton

J’ai enfin pris le temps de finir cette pièce commencée il y a plusieurs semaines, et je dois dire que je l’aime bien, même si je trouve l’espace entre les « pétales » un peu trop vide.

Le tattoodesign c’est assez sympa, j’y prends goût.

flowerton01-webCette fois, c’est du A4, fait à la mine 0.05, indispensable pour les petits crânes!
Et parce que scanner des détails aussi fins tout en conservant un bon équilibre noir/blanc est hors de mes compétences (ou de celles de mon scanner… non franchement ça doit jouer, vu le vieux truc que je me traîne), deux petites photos de détails avec la ptite épingle qui va bien :
flowerton_details01 flowerton_details02Voilà voilà.
Je pense proposer cette illustration en prints et en produits sur Society6, en espérant ne pas y passer des heures pour rien ;)

A bientôt!

Set me High

Hey, je sors un peu de mon silence pour vous montrer un petit dessin rapido fait hier!
Je commence à pouvoir sortir un peu sur papier des petits bouts de l’univers que j’ai depuis toujours dans la tête, ça me fait un bien fou.
(c’est d’ailleurs pour ça que je poste rarement en ce moment, la plupart de mes dessins reste à l’état de croquis, et sont généralement un peu trop personnels pour que je les expose, art-thérapie COUCOU)
skeleton001-webPour une fois, l’original ne sera pas mis sur ma boutique, pour cause de micro taches de jus d’abricot (bah ouais), par contre, si des impressions vous intéressent, faites-le moi savoir par mail ou commentaires ;)

Bonne journée!