Changer, encore.

A l’aube du dernier récapitulatif du INKtober 2o15, j’écris aujourd’hui pour vous faire une petite annonce.
En fait, une grosse, pour moi.

Dans quelques jours, je changerai de pseudo.

Parce que depuis quelques mois, je ne me sens plus « Lou Pine ».
Ca s’est ressenti au niveau de mes travaux, à part les prestations (et encore, là aussi je trouve qu’elles n’ont plus rien à voir avec ce que je faisais ne serait-ce que l’année dernière, ce qui est assez logique finalement), j’ai pris une direction qui se marque chaque jour un peu plus.
Mes thématiques sont de plus en plus personnelles, certains éléments reviennent encore et toujours, des choses qui sont « vraiment moi », et plus « celle que je voulais qu’on voie ».
L’angoisse, l’incompréhension, l’absence, l’oppression, la gémellité aussi, l’insatisfaction, le manque, et bien d’autres choses sur lesquelles je n’arrive pas aujourd’hui à poser de mots, tout cela commence enfin à apparaître sur le papier.

Tout ça, c’est moi, celle que je cachais au fond, loin, dans mes tiroirs et mes boîtes scellées.
Avec mes mots, ceux à qui je n’ose donner vie mais qui tournent sans cesse dans ma tête, qui tentent parfois de sortir par le bout de mes doigts mais qui restent honteusement dans l’ombre, comme tant de sentiments et de pensées refoulées, aussitôt formulées, déjà enfouies sous un gros tas de honte, de peur du jugement.

Dessiner a toujours été pour moi le moyen de m’exprimer de manière détournée, sans doute pour éviter, inconsciemment, d’être critiquée sur mes véritables pensées.
Retrouver le goût du simple crayon à papier, de ce graphite que j’aime tant, sans comprendre pourquoi je préférais entre tous les outils le plus basique, a comme ouvert une porte en moi, celle qui laisserait, un tout petit peu, s’échapper ce trop-plein de pensées étranges et oppressantes qui m’étouffait peu à peu.
Ne plus chercher à plaire, mais essayer de survivre en laissant le crayon être mon conduit d’évacuation, et le papier l’éponge.
Arrêter de m’acharner à être « celle qui sera », mais plutôt essayer de réparer celle qui est déjà, celle qui s’est cachée trop longtemps.

Changer, du tout au tout ou presque, laisser tomber les dernières plaques de l’armure que je m’étais créée il y a quelques années en essayant d’être Lou Pine, une autre identité qui, dès le départ, était tout aussi fausse que les autres, malgré la volonté d’être plus authentique.
Je me suis essayée à des choses qui n’étaient pas miennes, il m’aura fallu tout ce temps pour le réaliser.

Je ne regrette rien, ou presque, c’était un passage nécessaire pour ouvrir cette brèche dans cette carapace que je me suis construite pendant presque 30 ans.
L’évolution, la prise d’âge, les épreuves, appelons cela comme on le voudra.

Aujourd’hui, je ne suis plus Lou Pine.
Je ne sais pas encore exactement qui je suis, c’est tellement nouveau. Je suis une nouvelle-née dans ce corps marqué par les années, par ces chutes innombrables. Je suis pourtant là, un peu comme si mes dernières chutes avaient définitivement brisé mon armure, qui tombe peu à peu.

J’ai envisagé d’utiliser mon véritable nom, mais je crois que je ne suis pas encore prête à cela.
Je l’utilise enfin dans mon cadre privé, après avoir tenté pendant 20 ans de me faire appeler par un autre prénom que celui que mes parents m’ont donné (je pourrais faire la Une de la Ligue des Officiers d’Etat Civil, pour vous situer un peu), point trop n’en faut.
Un pas à la fois dans l’acceptation de moi-même, c’est assez difficile comme cela.
Une nuit, ce « nouveau » pseudo m’est apparu comme une évidence, celui qui ne pouvait que coller.
Celui qui, avant tout, me rappelle à cette dualité, ce besoin de l’autre, cette noirceur qui, finalement, fait partie de ce que je suis.
Des jours, des semaines à y repenser, à essayer d’autres choses, un peu comme lorsque je cherchais le prénom de celui qui a pour la première fois fissuré ma carapace, et, plus récemment, de celui qui aura fait tomber le premier minuscule fragment.
Ces noms qui tournent, comme une évidence, et qui s’imposent au-dessus de tous les autres, malgré tout ce que j’aurai pu tenter pour les évincer.

Je serai dorénavant Muneen, et n’essaierai plus de dessiner pour plaire.
Je dessinerai pour me reconstruire.
Le chemin sera long, mais je crois que je suis enfin dessus.

muneen01

(mon site, mes comptes sur les réseaux sociaux, DeviantArt etc seront modifiés progressivement, à partir de la semaine prochaine, je vous tiendrai informés ici, le blog restera toujours « à rayures »).

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16 réflexions sur “Changer, encore.

  1. Peu importe la dénomination, ce n’est pas cela que tes lecteurs viennent chercher. Tant que tu reste authentique tu peux changer de nom tous les jours si ça te plaît ^^

    • Oui, c’est sûr, mais pas certaine que la Maison des Artistes accepte que je change de pseudo 3 fois par mois :p

      Par là, je voulais surtout expliquer non seulement le changement de nom (et donc de signature à partir de maintenant), mais surtout pourquoi j’allais fermer ma page FB actuelle, et tirer un trait sur ce que je faisais auparavant (notamment les illus numériques « rapides », ce genre de trucs).

      Après, de toute façon, ça ne devrait pas perturber grand-monde, mon public est assez réduit.

      • Je pense honnêtement que ce que j’y perdrai, ce seront ceux qui ne me suivent pas réellement. Qui m’ont suivi à une époque (je pense notamment à toutes celles qui sont arrivées dans ma période portage bébé), mais qui ne se sentent plus du tout concernés par ce que je fais actuellement.

        Si j’en suis mes stats (bon après, ça vaut ce que ça vaut, mais je n’ai que ça comme base pour l’instant), plus je publie de choses « personnelles » sur Facebook, plus je perds d’audience, et sur 1500 « likes », mes publications ne sont vues que 300 fois en moyenne.
        Sur Instagram, c’est l’inverse : les nouveaux abonnés sont réguliers, et plus fréquents sur mes pièces « artistiques » que sur mes pièces « attractives ».
        Ce ne sont que des réseaux sociaux, mais je constate que je touche davantage un public « d’amateurs d’art » plus que de tout venant, en fait.

        Donc au final, c’est perdre pour ne pas perdre grand-chose, des sortes de « likes fictifs » dont je me passerai sans soucis ;)

      • Je pense que tu as raison en cela. Personnellement je fais partie d’une vague récente, et ma pratique des réseaux sociaux est trop neuve pour que je puisse constater autant de choses que toi :D

      • J’ai longtemps été obsédée par ces stats, maintenant j’arrive à m’en détacher, mais j’ai toujours ces vieux réflexes de me dire « sur 1500 personnes qui « likent », seules 300 voient les publis, et maximum 20 prennent la peine de cliquer sur ‘like’, 1 commentaire toutes les 5 ou 6 publications… il y a un problème quelque part » ;)

      • Je comprend ton envie d’aller vers d’autres choses, peut etre plus toi que ce portage, qui , je le sais, n’a jamais été « vraiment » ce que tu avais envie de faire.

        Donc je te souhaite plein de belles choses pour la suite.

        (par contre pour info, la visibilité facebook n’est pas synonyme de désamour de tes likers mais juste les régles facebook, seuls 10% des likers voient une publication, »de base » ce chiffre augmentant selon les likes et les commentaires. Donc relativement, 300 pour 1500 likes c’est un bon ratio :)

      • Merci ;)

        (et pour FB, le « problème » s’il en est vraiment un n’est pas tant le ratio de vues que celui de personnes réellement engagées au point d’aller jusqu’à cliquer sur un bouton ou de commenter même quelques mots ;) Là, ce n’est pas FB qui entre en ligne de compte mais l’intérêt réel des personnes, ce qui est une autre paire de… ce qu’on voudra :p )

      • après moi je suis assez réguliérement, mais j’avoue ne pas forcément mettre j’aime. Ca ne s’applique pas a toi particulièrement, mais un peu a tout…parfois même j’en parle avec d’autres personnes, mais j’ai pas forcément le reflexe « like »…. c’est un peu idiot et je ne sais pas l’expliquer….

        Quoi qu’il en soit j’ai hate de voir vers quoi tu va te diriger :) (et oui, même si tout, je m’interesse toujours a ton travail :)

  2. Je me reconnais dans tes crises identitaires é_è par contre je ne pense pas être capable d’utiliser mon véritable nom où que ce soit (et j’ai de la chance que mes nouveaux collègues ne me posent pas de questions à ce sujet ^^)

    • Ah toi non plus? ;)
      Honnêtement, c’est le fait d’avoir eu un enfant qui m’a forcée à me faire violence de ce côté-là, avec tous les papiers à remplir avec les identités des uns et des autres, se présenter dans les établissements sanitaires/scolaires sous mon vrai nom (voire « la mère de… », ce qui est encore plus difficile pour moi)… D’autant que je ne suis pas mariée, je ne peux même pas me cacher sous un nouveau nom « légal » :p
      Mais sinon, je pense que j’errerai toujours sous un pseudo, même IRL.

      C’est ça d’être plusieurs dans ma tête :p

    • Je choisis la plus évidente, en fait.
      Tu sais, celle qui était devant moi depuis le début mais tellement cachée que je ne la voyais pas ;)
      Après, l’avenir nous dira si c’était la bonne, mais au moins je suis sûre que celles que j’ai essayé jusqu’à présent ne l’étaient pas.

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