Step by step : The Demon Huntress.

Comme je vous disais dans mes billets précédents, j’ai participé à un concours.
Oui oui, vous avez bien lu.
Pas spécialement dans l’optique de gagner quelque chose (encore que, soyons honnêtes, je ne cracherai pas dessus), mais davantage pour « justifier » un nouveau fanart… de Warcraft (ça vous la coupe, hein?).

Bon, il se trouve qu’un jour, lors de ma visite quotidienne sur Wowhead (cherchez pas, même quand je ne joue pas j’aime bien vérifier les stats de tel objet, le skin d’un autre, le déroulement d’une suite de quêtes faite il y a longtemps… oui, je suis obsessionnelle. Passons.), j’ai appris qu’ils organisaient un concours de création graphique, en partenariat avec Wacom.
Rien que ça. La classe de l’espace.

Je vous résume le tumulte dans ma tête qui en a découlé :
– OPUTAIN je le fais!
– Ouais mais bon… t’as aucune chance, vu les artistes de malade qui composent la communauté Blizzard.
– Mais je sais bien que je ne gagnerai jamais les grands prix, juste « une des 15 attributions de la 3° place » (oui c’est ouf, il y aura une vingtaine de récompensés, avec  une sorte de paliers), ça, ça peut être jouable… quand on voit les merdes qui passent parfois sur les réseaux officiels (je fais la maline, mes merdes à moi n’ont jamais été relayées chez eux, hein).
– Non mais OUVRE LES YEUX, en plus c’est Wacom qui co-organise, donc ça va être essentiellement des participations NUMERIQUES. Et je te rappelle que tu es un sombre SCROTUM en numérique.
– Ouais… mais c’est bien précisé qu’on peut utiliser n’importe quel support du moment que ce n’est pas un cosplay ou de la photo (et de l’animation)… Donc éventuellement, je peux tenter en graphite.
– Tu ne participes JAMAIS aux concours. T’as trop peur du ridicule (et t’as raison).
– Mais là, c’est un jury de Wowhead. Les mecs, ils en voient circuler du fanart, s’il y en a qui sont aptes à me juger là-dessus, c’est bien eux. C’est pas du vote de copinage ni un appel à la popularité. C’est du vote via la communauté qui est directement touchée par ce que je vais faire. (passons le côté « y a qu’eux qui me comprennent, Warcraft c’est ma vie, etc », je suis assez pathétique comme ça).

Et donc, voilà comment j’en suis venue à « officialiser » ma participation à ce concours.
En ne visant que le dernier palier de récompense, bien que parfois, j’ai une vague de naïveté qui me susurre que, peut-être, sur un malentendu, un nombre trop faible de participations ou autre incroyable enchevêtrement de circonstances improbables, je pourrai prétendre à une des 2° places. Mais bon, je reste lucide.
Je suis surtout contente d’avoir réussi à me motiver à la faire, à la terminer (malgré les soucis de papier, de temps, de motivation), et à l’envoyer (je vous jure, ça aussi, ça m’a demandé beaucoup d’efforts pour enfin cliquer sur ce bouton).
Et puis, elle est simple, mais je l’aime bien.

Alors question originalité, on repassera, puisque j’ai choisi de représenter une Demon Huntress, la nouvelle classe héroïque qui sera déployée dans la prochaine extension, et que, s’il n’était pas déjà assez évident que tout le monde allait faire ça, dans la description du concours sur Wowhead, c’est leur première suggestion.

Il faut savoir qu’à la base, je voulais faire Gul’Dan qui libère Illidan (ce que j’attends le plus au monde niveau lore, je VEUX voir comment ils vont tourner ça). Mais je ne sais pas dessiner les hommes, ni les orcs, et je ne maîtrise pas DU TOUT les ambiances dark. Donc c’était mort.
J’ai ensuite changé d’idée, jusqu’au moment de passer à la réalisation sur le papier définitif, c’était Azshara, dans sa version elfe, façon coquinoute-perverse-méchante-bienvenue-dans-Legion, avec en fond Suramar, et une invasion de démons via un portail, et le Puits d’Eternité en arrière-plan, c’était mortel de ouf. Mais je me suis rappelée au moment de mettre mon croquis sur la table lumineuse que Legion se déroulerait « à l’heure actuelle ». Donc avec une Azshara déjà transformée en naga, forcément. Allez savoir pourquoi, j’étais partie dans un trip « grottes du temps », à la suite de WoD en fait. Vous ne comprenez rien, c’est cool, moi aussi j’aime bien faire partie de votre monde (non. l’IRL ça pue).
Alors ben… J’ai repris le croquis de ma Demon Huntress que vous avez pu voir dans un billet précédent, et tant pis pour l’originalité. J’essaierai de la faire passer dans le rendu, puisque le sujet ne s’y prêtera pas.

J’espère que ça vous soûle bien de lire et que vous scrollez directement pour voir les photos.
Le nouveau paragraphe a dû attirer votre attention, donc coucou, je vous rassure : ça vient.

Alors.

Première étape donc, de la réalisation finale (je vous passe les croquis, vous allez les apercevoir de toute façon), le premier tracé sur la feuille définitive.

Alors oui, les photos sont pourries, j'ai essentiellement travaillé de nuit.

Alors oui, les photos sont pourries, j’ai essentiellement travaillé de nuit.

Un léger gommage pour pouvoir changer au besoin les contours par la suite, puis application de la gomme liquide (j’ai choisi de commencer par le fond du « cercle » intérieur) :

Les ombres de la muerte du seau à pinceaux, le flou du "j'en ai marre" de 3h du matin, et la superbe teinte bleue de la gomme liquide. Jvous l'ai dit : j'envoie du rêve.

Les ombres de la muerte du seau à pinceaux, le flou du « j’en ai marre » de 3h du matin, et la superbe teinte bleue de la gomme liquide.
Jvous l’ai dit : j’envoie du rêve.

Fond posé (poudre de graphite appliquée au pinceau « boule » à poils courts), fixé, gomme retirée, je suis prête pour attaquer le personnage :

Lumière du matin, youpi.

Lumière du matin, youpi.

Peau et bandeau, fixation avant d’aller plus loin (également pour profiter d’une base non-effaçable pour accentuer ensuite certaines zones d’ombre) :

Il faisait toujours jour, mais il pleuvait. Ma vie est trop cool.

Il faisait toujours jour, mais il pleuvait. Ma vie est trop cool.

Retouches de peau, cornes et tatouages :

Et avec mes morceaux de feuilles pour ne pas tout saloper avec l'appui de ma main.

Et avec mes morceaux de feuilles pour ne pas tout saloper avec l’appui de ma main.

Fringues et warglaive, ça ressemble enfin à quelque chose :

La pochette rose en-dessous commence à me sortir par les yeux.

La pochette rose en-dessous commence à me sortir par les yeux.

Bon, là j’ai oublié de faire des photos du cercle extérieur, et je vous ai épargné les 2h d’application de la gomme liquide sur le fond. C’était vraiment pas funky, d’autant que j’ai dû le faire en 4 fois pour ne pas risquer de tout bousiller par manque de séchage.
Mais petite photo de mon bras velu en train d’appliquer la poudre de graphite pour le fond :

Avec carrément une découpe d’une des copies du croquis pour protéger la zone du personnage pendant l’application de la poudre.

Ca y est, le fond est appliqué. La gomme liquide s’est bien imprégnée de la poudre, à ce stade-là je fear complètement de tout abîmer en la retirant. Triple fixation, juste par précaution.

J'aurai dû m'aider du scotch de masquage aussi, je le saurai la prochaine fois pour les bords.

J’aurai dû m’aider du scotch de masquage aussi, je le saurai la prochaine fois pour les bords.

Après une très longue étape de gommage à la « crêpe » pour retirer la protection, puis de gommage à la « mie de pain » pour retirer les traces provoquées par la protection recouverte de poudre (le fixateur fixe sur le papier, pas sur la gomme liquide, qui reste un peu plastique). J’aime bien les gommes qui ont des noms de bouffe, ça embrouille mon fils quand il me demande comment ça s’appelle.

Les cheveux ont enfin un peu de texture, aussi.

C’est enfin le moment d’appliquer les contours!

Youpi. Y a plein de défauts.

Youpi. Y a plein de défauts.

Après ça, a suivi l’étape incroyablement relou du nettoyage de scan, parce que bien entendu, pour éviter d’étaler les ombrages avant chaque fixation, je n’ai pas retiré les poussières, qui se sont retrouvées incrustées entre les couches de fixateur.
Une fois l’illustration bien sèche, j’ai pu frotter légèrement avec un chiffon pour les retirer de l’original, mais je n’avais pas le temps de le faire avant de scanner (j’ai fini 2 jours avant la fin de la deadline, et j’anticipais de nombreuses prises de tête sur les retouches, donc je me suis dit que j’allais plutôt passer 3h à retoucher chaque poussière numériquement, au lieu de prendre le risque de ne pas finir à temps -et de toute façon, de devoir retoucher les poussières du scan).

J’ai décidé de conserver la texture et les éventuels défauts de contours, tout ce qui était d’origine en fait, sur la version scannée.
C’est un parti pris, celui du full traditionnel. Ca peut se retourner contre moi, c’est évident, mais déjà je n’avais pas le temps de tout retoucher (j’aurai pu le faire, réellement, la retouche c’est mon hobby et mon ancien job), et étant donné que c’est une création traditionnelle, j’ai voulu conserver cet aspect, avec les défauts de fabrication qui peuvent découler de cette technique.

Voilà, c’était mon premier step-by-step ou presque, j’espère que ça vous aura plu.
A la base, je voulais simplement conserver les photos des étapes, mais je me suis dit que ça pourrait vous intéresser de voir un peu comment je bosse (et ça alimente le blog).
Si vous voulez que j’en mette un peu plus souvent, n’hésitez pas à me le dire ;)

(pour les détails techniques, j’ai utilisé un papier Daler-Rowney 22og/m2, format A4, des mines Faber-Castell et Conté, de la gomme liquide Schmincke, des pinceaux de diverses marques dont un pinceau à maquillage E.L.F. très pratique pour étaler la poudre de graphite, et du fixateur Conté)

Light of lights.

Mais oui, c’est bien moi, c’est bien une blog update. Remettez-vous, ça va bien se passer. Donc, pour le petit topo d’excuses, j’ai été en plein dans les prestations, et je ne montre pas de WIP sur les prestas, sauf grosse … Lire la suite

Just one ride.

Puisque le graphite m’est assez familier, donc, comme vous aurez pu le constater si vous avez lu mon billet précédent, j’ai eu envie de m’attaquer à une grosse pièce. Par « grosse », j’entends un A4 complet. Oui, c’est énorme pour moi, … Lire la suite

Graphite, mon amour.

Depuis longtemps, je me bats contre mon incapacité à réaliser ce que je veux, ce que j’ai en tête, toutes ces choses que je désire plus que tout mais qui semblent être bien en sécurité derrière un mur invisible, hors de ma portée.
Je voudrais faire des décors. Je voudrais faire des compositions fournies, techniquement parfaites, ajouter des détails à n’en plus finir, captiver l’oeil de celui qui regardera mon travail pendant des heures.
Je vise haut, très haut, et ne parviens jamais à être satisfaite (et pour cause, quand on voit ce que j’ai accompli jusqu’à présent…). J’essaie d’apprendre, je me heurte à mes limites, j’essaie de les repousser, toujours. Ma progression ne se fait pas aussi vite que je le voudrais, je peste, j’abandonne. Puis je reprends, j’essaie d’autres choses, je ne trouve toujours pas ce dans quoi je veux évoluer,  là où je poserai enfin mes bagages et laisserai mon crayon voguer au gré de mon imagination.

Mais mon imagination, elle est brimée. J’essaie de défaire ses chaînes, mais sans succès. Elle reste, comme moi, prisonnière d’entraves invisibles que j’ai posé moi-même et qui me semblent pour l’instant indestructibles.
Parfois, je rêve qu’on me perce le crâne, un tout petit trou, avec un tout petit clou, et que tout cet univers qui m’accompagne et s’enrichit depuis toutes ces années en sort, libéré, dans un flot ininterrompu de squelettes dansants, de monstres difformes, de souffrance, de femmes séduisantes, de folie, de mises en scène oppressantes, de créatures improbables et dérangeantes, qui tourbillonnent autour de moi, m’étouffant, et disparaissant dès que j’essaie de les apercevoir plus distinctement.

La technique, elle aussi, me fait défaut.
Mon père m’a un jour dit : « Tu as toujours voulu tout, tout de suite. Quand tu découvres une technique, tu t’y essaies, tu réussis pas trop mal, mais avant d’arriver à la maîtriser, tu abandonnes et tu en essaies une autre. »
Il ne pouvait pas être plus juste dans son analyse, même si sur le moment, j’ai été vexée, blessée, honteuse d’entendre ça. Quelques années plus tard, je comprends qu’il a toujours eu raison à ce propos. Si je l’avais écouté, et que j’avais tenté ma chance pour entrer aux Beaux-Arts, j’aurai certainement eu un parcours différent, encadrée dans mes découvertes techniques, conseillée, rectifiée dans mes erreurs.
Mais non, j’étais fière (de quoi?), décidée à ne pas apprendre le dessin, à ne même surtout pas en faire mon métier, moi qui, à l’époque, ne faisais que cela de mes journées (remettons-nous dans le contexte, j’étais au lycée, et n’ai jamais rien foutu à l’école jusque 2 jours avant le bac).
Je ne réalisais pas à quel point, plus tard, j’allais me heurter à mes propres limites, et regretter alors d’avoir choisi de ne pas suivre les conseils de mon père, qui a toujours été mon meilleur soutien (mais ça, aussi, hors de question de l’admettre!).

Alors j’ai essayé, plein de choses.
Le graphite (crayon de papier), c’était bien quand j’avais 15 ans, et pour tout matériel un crayon HB piqué dans un hôtel et des feuilles d’imprimante subtilisées dans la réserve familiale. Allez, pour les croquis, aussi, à la limite.
La gouache, berk (réaction parfaitement puérile et bornée). J’étais bloquée sur les pastilles ou les sets de 5 tubes pour enfants, de très mauvaise qualité, et c’est ainsi que j’ai fait mes derniers essais, avec des teintes de peau dignes du plus rose des PQ, et de la matière qui s’étend très mal. Je n’aurai jamais imaginé qu’on puisse faire de belles choses avec (et je suis encore incrédule quand je vois le travail de certains artistes à la gouache).
L’acrylique, ça, je l’ai gardé longtemps. D’abord sur papier, puis sur textiles et enfin sur toiles, j’aime assez, ça sèche vite, se mélange bien, permet de beaux dégradés et des détails ultra-fins pour peu qu’on s’en donne la peine. Mais je ne sais pas pourquoi, un jour j’ai rangé mes tubes, pour ne plus les ressortir.
L’aquarelle, ça n’a jamais trop été mon truc. Je n’ai du coup pas assez essayé pour savoir si ça ne me plaisait vraiment pas.
Le fusain, trop salissant, j’en foutais partout, j’ai tout de suite été découragée. Idem pour les crayons-craies (ma belle collection d’ocres, de terre-de-sienne, de rouges briques…), aucun résultat immédiat, j’ai vite abandonné.
Le pastel gras, no way. Pour moi, c’était réservé aux premiers coloriages d’enfants, impossible de faire quelque chose de convenable avec (cf. paragraphe sur la gouache et mes avis puérils et bornés).
Le pastel sec, c’est sympa, mais ça demanderait trop de pratique pour que j’arrive à voir si je peux en faire quelque chose. Retour à la case départ, abandon.
L’encre, ça j’aime bien. J’ai vraiment découvert le potentiel de l’encre lors du challenge INKtober 2o14, d’abord avec le dessin « au trait », puis le dotwork. Le dotwork, je l’aime d’amour, et j’ai cru pendant quelques mois que j’avais enfin trouvé le style que j’allais m’approprier définitivement. C’était sans compter sur mon éternelle insatisfaction.
Le crayon de couleur, ça aussi j’aime beaucoup. Je jongle encore pas mal entre ça et d’autres techniques, je n’en suis pas encore dégoûtée et espère ne jamais en arriver là.
La peinture à l’huile, ça j’adorerais m’y mettre, mais ça me semble impossible sans quelqu’un pour m’aiguiller sur les bases (peut-être, un jour, quand je serai dans une bonne phase d’estime personnelle, j’essaierai). J’ai 2 ou 3 toiles à l’huile commencées, abandonnées très vite.
Le numérique… non, j’ai essayé, vraiment. De tout mon coeur. Mais je ne maîtrise pas assez les bases du dessin pour me permettre d’errer dans la recherche de techniques numériques. Je me suis longtemps acharnée là-dessus, à essayer tout plein de choses différentes (le « clickbait » humoristique, la plus grosse blague que j’aie pu faire, jamais je n’aurai dû, mais aussi simplement des illustrations classiques), avant de réaliser que non, continuer ainsi n’était pas du tout possible. Qu’il fallait d’abord que je me perfectionne avant d’essayer plusieurs choses en même temps.

Alors il me restait quoi?
Et pourquoi je n’essaierai pas de maîtriser à nouveau mon simple crayon à papier? Après tout, j’ai pas mal de crayons de dureté différentes qui traînent dans mes tiroirs, et c’est quand même le seul truc que je pratique toujours depuis toutes ces années.
J’ai commencé à dessiner, comme tout le monde, avec un simple crayon à papier, et très vite, j’ai voulu tester les limites de ce simple crayon, et travailler les ombrages.

J’ai retrouvé quelques vieilleries (entre 2oo1 et 2oo4, avant que je n’attaque des études qui m’intéressaient, et me consacre entièrement à elles), des copies pures et simples d’oeuvres, de photos. Aucune créativité, simplement de la recherche technique et anatomique. Apprendre en copiant, c’est ce que j’ai toujours fait, que ce soit en dessin ou dans mes études. Je ne m’en vanterai pas spécialement, mais je crois qu’on est tous passés par là, et moi particulièrement.
D’abord je copiais, je gardais ça précieusement caché dans mes chemises cartonnées, puis, des années après, forte de l’apprentissage qui a découlé de toutes ces copies, j’ai commencé à essayer de créer, complètement.

Par exemple, voilà ce qui reste encore dans mon vieux carton à dessins si vieux et usé que les élastiques ne tiennent plus rien en place :

Ma première copie d'une illustration de Luis Royo, 2oo3.

Ma première copie d’une oeuvre de Luis Royo, 2oo3.

Copie d'une illustration de Luis Royo, encore, avec des éléments "créés" pour l'accorder à une chanson du groupe Dolly. 2oo4.

Copie d’une illustration de Luis Royo, encore, avec des éléments « créés » pour l’accorder à une chanson du groupe Dolly. 2oo4 (notez le changement de pseudo)

Ici, je commençais à ajouter des éléments personnels à des copies. Copie d'une illustration de Luis Royo, et vu le pseudo que j'utilisais à l'époque, ça date de 2oo2 ou 2oo3)

Ici, je commençais à ajouter des éléments personnels à mes copies.
Copie d’une illustration de Luis Royo, 2oo3)

Copie de photo, sur le best-of d'Indochine "Unita" (ouais ouais j'étais fan, j'avais 15 ans hein)

Copie de photo, sur le best-of d’Indochine « Unita » (ouais ouais j’étais fan, j’avais 15 ans hein). 2oo2 ou 2oo3.

Un vieux portrait qui se voulait réaliste, 2oo4.

Un vieux portrait qui se voulait réaliste, 2oo4.

Bon, ça reste des trucs assez moches, acceptables pour un  niveau amateur d’une ado-post-ado entre 15 et 18 ans, mais clairement pas de quoi aller plus loin.

Sauf que finalement, ça reste la technique sur laquelle je galérais le moins.
Et puis, en ce moment je suis dans une phase où je me dis que je n’arriverai jamais à atteindre mes objectifs artistiques, à faire de jolis décors, des compos fournies, des illustrations « finies ».
J’espérais bosser à fond de fond pendant que mon fils serait chez mes parents,  et sortir des vacances épuisée mais avec de grosses améliorations, et en bonus toute une pile de dessins à exposer fièrement, à vendre et promouvoir.
Epuisée, je le suis, ça c’est bon. Mais j’ai passé plus de temps à me morfondre, me demander ce qui ne tourne pas rond chez moi, à dessiner, puis déchirer les feuilles, à envoyer voler mes carnets, pleurer, beaucoup, regretter toutes ces mauvaises décisions, me maudire pour mon manque d’assiduité et mon incompétence, chercher à rejeter la faute sur les autres avant d’admettre à nouveau que j’étais la seule responsable de mes échecs.
Ouais, c’est pas super funky ces temps-ci, comme souvent, finalement. Mais je n’avais pas eu l’occasion de me centrer sur ma petite personne défaillante depuis un an (disons que quand mon fils est là, je ne m’autorise pas ce genre de pensées, sinon je passe 3 jours prostrée dans mon coin en grosse larve dépressive, et je considère que ce n’est pas spécialement sain que mon fils me voie comme ça).
Là, même si je n’aurai pas été productive, j’aurai au moins pris le temps de réfléchir, de penser à tout ça. Et de commencer à prendre des décisions quant à l’avenir, même si pour l’instant je n’ai rien fixé.
Et d’écrire un roman sur mes états d’âme, sur mon blog, juste parce que j’avais envie d’écrire, d’essayer de faire comprendre à ceux qui auront la motivation de tout lire pourquoi et comment j’en suis arrivée là.

Donc, je crois que je vais à présent réessayer le graphite, parce qu’après avoir fait un petit test rapide, j’ai réalisé que c’était quelque chose que j’aimais bien, pas trop chronophage, efficace visuellement, et sur quoi je pourrai, dans un premier temps, lâcher prise sur mon obsession des décors que je n’arrive pas à réaliser, pour les améliorer plus tard, petit à petit.

Voilà le test en question, ‘Molly’ (format A5, graphite et encre) :

(les plus attentifs auront remarqué que j'ai utilisé une de mes Queens of Souls comme base)

(les plus attentifs auront remarqué que j’ai utilisé une de mes Queens of Souls comme base)

Voilà, c’était mon roman du jour.
J’aimerai avoir plus de temps pour en écrire plus régulièrement, je crois que le fait de ne plus parler à personne ou presque me manque (un tout petit peu).
Mettre des mots sur mon ressenti par rapport à mon ‘art’ me fait du bien, même si ça ne dure pas.